Par : FROMENTIN
Publié : 7 décembre 2016

RESIDENCE ARTISTIQUE : premières étapes.

Cette année, le lycée Blaise Pascal s’est engagé dans un projet de résidence artistique avec la compagnie « Le Safran collectif », représenté par les comédiens Karine Préterre et Thomas Rollin.

Le projet est construit autour d’une sensibilisation aux problématiques du harcèlement et des discriminations. Quatre classes sont concernées : les secondes 6 et 7, la seconde professionnelle et un BTS CPI1. L’atelier théâtre du collège Camille Claudel jouera aussi un rôle dans ce projet.

Dans un premier temps, toutes les classes ont travaillé en français (et/ou AP) sur la thématique choisie. La violence des écrits courts, de l’épigramme au tweet, un film documentaire, Un coupable idéal, ou bien encore des unes de presse ont été étudiés.

Par la suite, les deux comédiens ont mené un travail qui a permis aux élèves concernés d’expérimenter précisément ce que la discrimination met en jeu. Costumés en scientifiques chargés d’une étude sur la réussite au lycée, ils ont arpenté les couloirs et salles du lycée pour prendre des mesures (sans que personne ne sache qu’il s’agissait de comédiens).

L’étape suivante consistait en un compte rendu de cette étude en classe. Les deux « scientifiques » ont exposé aux élèves des théories basées sur leurs constats. Cela les amenait à discriminer une partie de la classe : certains étaient favorisés par les études réalisées, on leur prédisait un avenir radieux et une réussite facile, d’autres au contraire devraient redoubler d’efforts, leur vie s’annonçait plus rude, et par conséquent ils devaient s’attendre à un aménagement d’emploi du temps pour combler leurs lacunes et les soutenir. La classe était divisée en deux camps distincts. Bien évidemment tout cela était arbitraire.
Pour achever de convaincre les élèves et les pousser à réfléchir et réagir, des tests complémentaires étaient également mis en place : les comédiens conditionnaient l’un, jugé en difficultés, en le décourageant, alors qu’un autre était valorisé et mis en confiance pour qu’il réussisse. Ce compte rendu a suscité des réactions nombreuses : beaucoup s’interrogeaient, se retournant vers un professeur étrangement coopératif car complice, d’autres s’insurgeaient, défendaient leurs camarades discriminés, ou étaient prêts à se révolter et à combattre par tous moyens.

Un échange avec Karine et Thomas a suivi cette expérimentation, ils ont répondu aux questions après avoir expliqué quels étaient leurs objectifs. La discussion a permis de comprendre les ressorts et effets de la discrimination.

Enfin, pour l’instant, une autre heure de rencontre a approfondi la sensibilisation : les comédiens ont proposé aux élèves de lire devant leurs camarades des extraits du livre-témoignage de Jonathan Destin, Condamné à me tuer. Chacun a été ensuite invité à noter sur un morceau de papier des mots lus ou entendus autour de soi et qui témoignent de la violence du harcèlement et de la discrimination. Ces mots seront exploités dans la pièce 10% que les comédiens représenteront au lycée et dans laquelle des élèves interviendront. Le tournage d’une vidéo exploitant les mots récoltés est prévu le jeudi 1er décembre, au CDI.

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